Reconstruction mammaire : le choix des patientes

Reconstruction mammaire : le choix des patientes
Caroline Richier
Caroline Richier
Rédactrice spécialiste en santé et rajeunissement. Grâce à sa formation en biologie, elle écrit des articles populaires sur le bien-être et la médecine.
Création : 29 août 2014 · Actualisation : 16 juil. 2019

Le cancer du sein est le type de cancer le plus fréquent chez les femmes. On estime qu'une femme sur huit pourrait souffrir un cancer du sein tout au long de sa vie. L'Institut National du Cancer signale différents types de traitements : la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie, l'hormonothérapie et les thérapies ciblées.

Toujours d'après cet institut, "95% des cancers du sein sont des adénocarcinomes qui se développent à partir de cellules épithéliales de la glande mammaire". Une fois le diagnostique posé, suit l'étape des traitements possibles et options de chaque paciente. La chirurgie, conservatrice ou non, est, la plupart du temps, réalisée en premier, puis suivie d'un autre traitement comme la chimiothérapie, la radiothérapie, l'hormonothérapie ou une thérapie ciblée.

En France, 48 763 nouveaux cancers du sein ont été diagnostiqués en 2012. L'âge moyen au diagnostic était de 63 ans. Il s'agit donc du type de tumeur maligne le plus fréquent chez les femmes et représente plus d'un tiers des cancers qui peuvent les toucher. Dans plus de 8 cas sur 10, il concerne des femmes de 50 ans et plus.

Concernant la chirurgie, il existe deux interventions pouvant être pratiquées : la tumorectomie, c'est-à-dire une chirurgie mammaire conservatrice, et la mastectomie, une chirurgie mammaire non conservatrice.

  • La tumorectomie ou segmentectomie permet de retirer la tumeur, ainsi qu'une quantité peu élevée des tissus qui entourent la tumeur. Elle est, normalement, suivie d'une radiothérapie.
  • La mastectomie consiste à retirer tout le sein, y compris le mamelon et son aréole. Des ganglions peuvent également être retirés. Une opération de reconstruction mammaire est alors proposée et sa réalisation, immédiate ou différée, dépend du choix de chaque patiente.
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La reconstruction mammaire après une mastectomie

L'intervention chirurgicale qui permet de reconstruire le ou les seins concernés par une mastectomie doit être réalisée par un chirurgien qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique. Il s'agit d'une opération qui peut se faire tout de suite après la mastectomie, c'est-à-dire une reconstruction du sein immédiate, ou plus tard, on parle alors d'une reconstruction du sein différée.

Comme l'explique l'Institut National du Cancer sur son site, cette intervention de chirurgie reconstructrice fait partie intégrante de la prise en charge du cancer du sein, en particulier après une chirurgie mammaire non conservatrice (la mastectomie).

Actuellement, la reconstruction mammaire, immédiate ou différée, est complètement prise en charge dans le cadre de l'ALD (Affection Longue Durée) sur la base du tarif de l'Assurance maladie. En revanche, certains établissements pratiquent des dépassements d'honoraire qui reste à la charge des patientes, précise l'Institut National du Cancer sur son site.

Pourquoi est-ce qu'une femme décide de faire reconstruire son ou ses seins ?

Plusieurs facteurs peuvent motiver cette décision, tous en lien avec le rapport que chaque patiente entretient avec son corps. L'ablation d'un sein peut être considérée comme une "mutilation" par certaines femmes, une blessure qui les empêche de se sentir bien dans leur corps, dans leur rapport au désir et à la sexualité, une fois la maladie surmontée.

L'absence du sein est également un rappel constant de la maladie vécue. Certaines femmes en tirent une force supplémentaire, d'autres préfèrent "oublier", dans la mesure du possible, l'épreuve traversée.

Dans tous les cas, le choix de reconstruire son ou ses seins ou non est un choix personnel, chaque patiente devra y réfléchir et obtenir toutes les informations nécessaires concernant les options possibles.

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Le cancer du sein m'a obligée à changer la relation avec mon corps - témoignage d'Isabelle D.

"J'ai réussi à m'en sortir, je ne vais donc pas pleurer sur mon sort, je me sens trop reconnaissante et heureuse d'être encore en vie et en bonne santé, dix ans après avoir surmonté mon cancer du sein. Je dois dire que cette expérience m'a non seulement apprise à être plus forte, mais également à changer le rapport que j'entretenais avec mon corps et, donc, avec ma santé physique et mentale.

Avant la maladie, mon corps n'était jamais assez mince, beau ou désirable à mes yeux. Je crois que presque toutes les femmes comprennent ces sensations, pas besoin d'en rajouter, nous sommes, malheureusement, nos pires ennemies ! Lorsque mon oncologue m'a parlé de la possibilité de reconstruire mon sein après la mastectomie, j'ai réellement pris le temps de réfléchir.

Un cancer ça veut dire des mois de consultations avec différents médecins, des heures et des jours passés à l'hôpital, une ou plusieurs opérations, un ou plusieurs traitements... C'est long, douloureux, souvent terrifiant... Alors décider de se soumettre à une autre opération, alors qu'on touche presque à la fin du calvaire, ce n'est pas une décision évidente à prendre.

C'est tout au long de la maladie que ma relation avec mon corps a changée. Cet "ennemi", devenu victime de cette foutue maladie, a eu besoin d'être pris en charge "pour de vrai", pas juste pour une question d'esthétique, de kilos en trop et d'insatisfaction chronique de ma part. J'ai d'abord senti de la peur, ensuite de la tristesse mêlée de colère. Je crois que c'est à ce moment-là que je me suis dit que si je sortais de tout ça, plus jamais je ne le traiterai avec tant de dureté. Prendre soin de sa santé oui, être obsédée par la perfection physique, plus jamais.

Je crois que cette évolution m'a préparée à prendre la décision de me soumettre à une reconstruction mammaire : je voulais rendre à mon corps son harmonie, il le méritait et moi aussi, pour pouvoir commencer cette nouvelle étape de vie qui nous était offerte. J'ai beaucoup parlé avec mon oncologue et avec mon chirurgien, avec un psychologue et le groupe d'appui auquel j'ai participé dès mon diagnostic, ainsi qu'avec mon mari. Tous m'ont dit la même chose : c'est ton choix, c'est toi qui décide, c'est ton corps. Je suppose que j'avais besoin d'entendre que j'avais la liberté de faire ce choix, de décider à quoi devait ressembler mon corps après la maladie.

Même si, personnellement, j'ai fait le choix de réaliser une reconstruction mammaire, je comprends et respecte absolument les femmes qui font le choix inverse. Notre corps et notre santé nous appartiennent, personne n'a le droit de nous imposer quoi que ce soit, encore moins pour des raisons esthétiques, sociales ou autres. Il faut, je crois, chercher la réponse en soi et se demander de quoi on a envie et besoin pour se sentir mieux et, surtout, ne pas se demander ce que veulent ou pensent les autres."

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"Qui dit que vous avez besoin d'en avoir deux ?"

Elina Halttunen est une finlandaise de 62 ans qui a survécu à un cancer du sein. Elle est connue comme "la femme avec un seul sein" et est l'idéologue du Monokini 2.0, un maillot de bain créé pour les femmes qui n'ont qu'un seul sein.

"Qui dit que vous avez besoin d'en avoir deux ?" est le slogan du projet Monokini 2.0, une initiative d'art social qui fait le pari de lutter contre le cancer du sein autrement. Elina Halttunen s'est rendue compte que le fait de n'avoir qu'un sein posait plus de problèmes aux autres qu'à elle-même. Elle a alors décidé de développer un projet pour lutter contre cette maladie.

Le projet se base sur la création d'une ligne de maillots de bain conçus spécialement pour les femmes qui ont subi une mastectomie. La collection a été présentée en suivant les standars des catalogues de mode traditionnels, mais avec un fond revendicatif.

L'initiative a pu compter sur les services de Katriina Haikala et Vilma Metteri, directrices artistiques, et de 10 designers impliqués dans la lutte contre le cancer. Le but était très clair : "Réexaminer l'idéal de beauté si rigide de la culture populaire", a déclaré K. Haikala dans les médias.

Le Monokini 2.0 se présente comme étant une option pour les femmes qui ont subi une mastectomie et ne veulent pas se soumettre à une reconstruction mammaire. Il s'agit d'une façon de normaliser la vie des patientes ayant traversé cette maladie et qui peut les aider à surmonter les stigmates sociaux, tout en profitant de leur féminité, indépendament de la forme de leur corps.

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