Sexes féminins esthétiquement modifiés : le point sur la nymphoplastie

Sexes féminins esthétiquement modifiés : le point sur la nymphoplastie
Julie Fourneau
Julie Fourneau
Après ses études en journalisme, Julie a commencé à travailler en tant que rédactrice, concentrant ses intérêts sur des questions liées au monde de la chirurgie plastique et de la médecine esthétique.
Création : 8 oct. 2014 · Actualisation : 10 nov. 2020

D'après les statistiques diffusées par l'ISAPS en juillet 2014, 114 135 nymphoplasties, ou labioplasties, ont été réalisées en 2013 dans le monde. Cette intervention chirurgicale occupe le 16ème rang des opérations réalisées l'année dernière et permet, aux femmes qui le désirent, de redéfinir la taille des petites lèvres de leur organe sexuel.

Les femmes qui éprouvent une gêne physique à cause de la taille de leurs petites lèvres, par exemple lorsqu'elles ont des rapports sexuels ou qu'elles réalisent certains types de mouvements, en particulier lorsqu'elles pratiquent une activité sportive, peuvent décider de se soumettre à une nymphoplastie de réduction. Lorsque la taille des petites lèvres dépasse quatre centimètres, cette opération peut également être envisagée.

Toutefois, certaines femmes décident de se soumettre à cette opération uniquement pour des raisons esthétiques, considérant que leurs petites lèvres sont trop grandes, longues ou inesthétiques. Il faut savoir qu'en France, la Sécurité sociale prend uniquement en charge cette opération lorsque l'hypertrophie des petites lèvres est avérées, mais pas lorsqu'elle se pratique pour des raisons purement esthétiques.

En quoi consiste une nymphoplastie ?

La nymphoplastie consiste à supprimer une partie des petites lèvres pour pouvoir les reconstruire en respectant la forme originelle. Deux techniques sont possibles pour la plupart des cas : la résection longitudinale et la résection triangulaire ou en V.

Cette opération se réalise sous anesthésie générale ou locorégionale et dure, environ, entre 45 minutes et une heure. L'hospitalisation peut être en ambulatoire ou de 24 heures. Concernant les possibles complications post-opératoires, il s'agit surtout de problèmes liés à la cicatrice qui, parfois, peut se réouvrir, ce qui va impliquer une nouvelle intervention. Deux à trois mois sont nécessaires, normalement, pour une cicatrisation optimale.

Le post-opératoire implique des normes d'hygiène et des soins rigoureux et environ une semaine à dix jours d'arrêt de travail.

Dans tous les cas, c'est uniquement un chirurgien qualifié qui pourra répondre aux questions soulevées par cette intervention, offrir toutes les informations nécessaires et prendre en charge les demandes des patientes.

Oeuvre de Renoir

Nymphoplastie esthétique du sexe féminin : la polémique

Depuis quelques années, le nombre de nymphoplasties n'a cessé d'augmenter dans certains pays. Au Royaume-Uni, par exemple, le NHS (équivalent de la Sécurité sociale française au Royaume-Uni) a déjà lancé plusieurs alertes sur le sujet : en dix ans, ces interventions se sont multipliées par cinq et le volume de demandes réalisées par des jeunes filles de moins de 18 ans s'est également accrus, d'après les statistiques du Royal College of Obstétricians and Gynaecologists (RCOG) qui ne se basent que sur le nombre d'opérations réalisées dans le secteur public hospitalier, étant donné que les cliniques privées n'ont pas l'obligation de réaliser ce type de registre.

D'après le comité d'éthique de la RCOG, l'augmentation des demandes concernant la nymphoplastie n'est pas liée à une augmentation des pathologies et c'est un autre argument qui est invoqué : l'influence de l'image du sexe féminin véhiculée par la pornographie. Le Royal College of Obstétricians and Gynaecologists voudrait, d'ailleurs, que seule la nymphoplastie ayant des justifications médicales soit pratiquées dans le secteur public de santé et que réaliser cette opération sur des jeunes femmes mineurs soit interdit.

Une étude réalisée par deux psychologues de l'Université de Queensland, en Australie, What's normal? Influencing women's perceptions of normal genitalia: an experiment involving exposure to modified and nonmodified images, et publiée dans le journal de la RCOG en mai 2014, démontre comment la perception qu'ont les femmes concernant un organe sexuel féminin "normal" est directement influencé par l'exposition aux images de sexes féminins esthétiquement modifiés.

D'autres pays ont également observé une croissance importante et rapide concernant la réalisation de cette intervention, y compris la France, même si notre pays n'apparaît pas, d'après les statistiques de l'ISAPS pour 2013, entre les 10 pays où ont été réalisées le plus de nymphoplasties en 2013.

Les dix pays en question sont les suivants :

  • Brésil : 13683
  • Allemagne : 9711
  • USA : 6072
  • Méxique : 3519
  • Espagne : 2487
  • Colombie : 3145
  • Vénézuela : 2424
  • Argentine : 1360
  • Italie : 1176
  • Iran : 317

Aux États-Unis, l'organisation féministe New View Campaign a décidé de lutter contre le designer vagina ou vagin (par extension, sexe féminin) modifié esthétiquement et de plus en plus de voix se haussent pour s'opposer aux nymphoplasties esthétiques, tendance qui, pour certains, s'inscrit également dans la ligne du "jeunisme" ambiant.

Photos : The Great Wall of Vagina de Jamie McCartney - Les Grandes Baigneuses d'Auguste Renoir

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